Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication
Se baigner dans un onsen fait partie des expériences emblématiques d’un voyage au Japon, mais son fonctionnement peut surprendre lors d’une première visite. La douche précède le bain, le maillot de bain est généralement interdit dans les espaces collectifs et les tatouages peuvent modifier les conditions d’accès.
Ces usages ne relèvent pas tous de la loi : une partie dépend des règles fixées par chaque établissement. Il faut donc vérifier les conditions du lieu avant de s’y rendre, particulièrement en cas de tatouage, de visite sans nuitée ou si l’on souhaite réserver un bain privatif.
Un onsen est lié à une source répondant aux critères de la loi japonaise sur les sources thermales. Une eau issue du sous-sol relève notamment de cette définition lorsqu’elle atteint au moins 25 °C à la source ou contient au moins l’une des substances répertoriées au seuil fixé par la réglementation.
Un sento désigne avant tout un établissement de bains publics. Son eau n’est donc pas nécessairement issue d’une source thermale naturelle. Les principaux usages restent proches : se laver avant l’immersion, garder sa serviette hors du bassin et respecter les autres baigneurs.
Le terme rotenburo désigne pour sa part un bain en plein air. Il peut notamment se trouver dans un onsen ou un ryokan.
Les horaires, les conditions d’accès et les services varient d’un établissement à l’autre. Avant une visite, plusieurs informations méritent d’être contrôlées :
Les bains collectifs sont généralement séparés entre hommes et femmes. Le caractère 男 désigne les hommes et 女 les femmes. Certains établissements peuvent modifier l’affectation de leurs bains au cours de la journée : il faut donc regarder la signalétique à chaque passage.
Les vêtements et les effets personnels restent dans le vestiaire, généralement dans un casier ou un panier. Dans un bain collectif traditionnel, le maillot de bain et les autres vêtements ne sont normalement pas portés.
Certains bains mixtes appliquent des règles différentes et peuvent imposer une tenue de bain spécifique, appelée yuami-gi. Les indications de l’établissement priment alors sur l’usage habituel.
L’espace de bain comporte généralement des postes de lavage avec un petit tabouret, une douche ou une douchette et des produits de toilette. Il faut laver son corps puis le rincer complètement avant de rejoindre le bassin. Le JNTO recommande également de retirer son maquillage.
Le bassin collectif sert à s’immerger une fois propre, pas à faire sa toilette.
Avant l’immersion, il est courant de pratiquer le kakeyu, qui consiste à verser progressivement de l’eau chaude sur son corps. Ce geste permet de s’habituer à la température avant d’entrer dans le bassin.
L’eau de certains bains peut être très chaude. Il est préférable d’entrer progressivement et de sortir si la chaleur devient inconfortable.
La petite serviette utilisée dans l’espace de bain ne doit pas toucher l’eau du bassin. Elle peut être laissée sur le côté ou posée sur la tête.
Les cheveux longs doivent également être attachés afin qu’ils ne trempent pas dans l’eau.
Un onsen est un espace de bain partagé, pas une piscine. Il faut éviter de nager, de faire des éclaboussures ou de parler bruyamment.
Le téléphone doit rester hors de la zone de baignade. Photographier ou filmer dans un espace où les autres clients sont dévêtus est également à proscrire.
Avoir un tatouage ne signifie ni que tous les onsen seront interdits, ni que l’accès sera automatiquement accepté. Les politiques diffèrent selon les établissements.
Plusieurs situations peuvent se présenter :
Il ne faut pas supposer qu’un pansement ou un cache-tatouage permettra automatiquement d’entrer. Le JNTO indique que certains onsen proposent ou vendent des bandes permettant de dissimuler de petits tatouages, mais leur utilisation dépend du règlement du lieu.
Lorsque le site officiel ne précise pas la politique appliquée, le plus sûr reste de contacter directement l’établissement avant la visite.
Un kashikiri-buro est un bain dont l’usage est réservé pendant une période déterminée. Certains ryokan disposent également de chambres équipées de leur propre bain.
Cette formule permet de profiter du bain sans partager le bassin avec d’autres clients. Elle peut notamment convenir aux voyageurs tatoués lorsque les bains collectifs leur sont interdits, ou aux personnes qui ne souhaitent pas se déshabiller devant d’autres baigneurs.
Les modalités varient selon l’établissement : le bain privatif peut être compris dans le séjour, proposé moyennant un supplément ou accessible uniquement sur réservation et pendant un créneau défini.
Oui, certains établissements proposent un accès au bain sans nuitée. On rencontre notamment l’expression higaeri onsen pour désigner ces visites à la journée.
Cette possibilité n’est toutefois pas automatique. Un ryokan doté d’un onsen peut réserver ses bains à ses clients hébergés, tandis qu’un autre ouvrira certains créneaux aux visiteurs extérieurs. Les horaires de ces derniers peuvent également être plus restreints.
Le JNTO indique que les sento locaux acceptent souvent les tatouages. Cette pratique n’est toutefois pas garantie dans chaque établissement : il reste préférable de vérifier les conditions d’accès avant de s’y rendre.
Un sento permet de découvrir les principaux usages du bain japonais même lorsque son eau n’est pas issue d’une source thermale naturelle. Il peut donc constituer une solution lorsque les onsen accessibles à proximité refusent les tatouages.
Les heures d’accès aux bains ne correspondent pas toujours aux horaires généraux de l’hôtel ou du ryokan. Certains restent ouverts tôt le matin ou tard le soir, mais ferment pendant des périodes consacrées au nettoyage et à la maintenance.
L’Agence japonaise du tourisme recommande également de ne pas utiliser les bains après une consommation importante d’alcool afin de prévenir les accidents. Les consignes affichées dans l’établissement restent dans tous les cas prioritaires.